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Retour d’expérience Eiffage – Raccordement du parc éolien Off Shore de Saint Nazaire

RTE a confié à Eiffage l’installation de 12,5 km de double-liaison 225 000 volts, et 54 km de fibre optique, afin de raccorder le parc éolien en mer de St Nazaire – 80 éoliennes pour 480 MW de puissance installée – au réseau électrique. Les datacenters vertueux sont des clients réguliers des sources ENR (énergies renouvelables).

Les usages du gaz renouvelable dans le mix énergétique pour le datacenter – Guy-Noël DUPRE, GRDF

Et si le datacenter produisait sa propre électricité à partir du gaz renouvelable ? Guy-Noël DUPRE, Ingénieur d’Affaires, Direction Clients Territoires Île de France, Délégation Marché d’Affaires de GRDF.

Changement climatique et Green deal européen : Quelle feuille de route pour la filière du numérique et pour les DSI ?
Par Interxion

Six ans après les accords de Paris, et plus récemment après la COP26, l’objectif reste le même : limiter à 1,5 °C l’augmentation de la température moyenne de la planète. Pour parvenir à cet objectif, la communauté internationale doit atteindre la neutralité carbone à horizon 2050.

Pour y parvenir, l’Union européenne présente une stratégie globale, le Green Deal, des objectifs à moyen et à long terme, un plan climat ainsi que des mesures législatives. Ce Green Deal prévoit de réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre de l’Europe d’au moins 55 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990.

Pour permettre à l’Europe de devenir le premier continent climatiquement neutre, les entreprises européennes vont notamment devoir doubler leurs investissements bas carbone. Comment les DSI vont-ils pouvoir s’inscrire dans cette démarche pour limiter l’impact environnemental de leurs organisations alors que la transformation digitale s’est accélérée depuis le début de la crise Covid-19 ?

Réduire la consommation énergétique des usages numériques 

Selon une mission d’information du Sénat, la part du numérique dans les émissions de gaz à effet de serre en France était de 2% en 2019. D’ici à 2040, elle pourrait dépasser le transport aérien (4,7%) et atteindre 6,7% des émissions totales de l’Hexagone. Les data centers représentent 20% des consommations énergétiques du numérique et ses principaux acteurs se sont engagés à améliorer de façon drastique leur efficience énergétique.

Entre 2010 et 2018, la consommation mondiale des data centers n’a augmenté que de 6% alors que le nombre d’instances de calcul a augmenté de 550%[1]. Pourtant, avec l’accélération des usages numériques qui prévoit des taux de croissance de la donnée de 139% par an[2] les enjeux sont réels. En 2030, le secteur pourrait utiliser jusqu’à 10 % de la production électrique mondiale en 2030 contre 3 à 4 % aujourd’hui.

Alors que les dépenses des organisations en matière de services d’infrastructures cloud continuent d’augmenter (+37% au troisième trimestre 2021), la profession – opérateurs de cloud et de data centers, ainsi que les associations professionnelles du secteur- a signé le Climate Neutral Data Center Pact, la déclinaison sectorielle des ambitions du Green Deal Européen. Ce pacte a pour objectif d’assurer que les data centers soient neutres en carbone d’ici 2030.

Anticiper la réglementation européenne pour le choix de son infrastructure

Le Green Deal Européen impose aujourd’hui un engagement d’efficience énergétique basé sur un indicateur PUE[3] (Power Usage Effectiveness) de 1,3 pour tous les nouveaux data centers. En 2030, cette réglementation s’appliquera également à l’ensemble des centres de données existants, supposant des investissements pour leur mise à niveaux étant donné que le PUE moyen des data centers français connus est aujourd’hui supérieur à 2 (selon une étude réalisée par le cabinet de conseil APL).

Pour atteindre l’objectif d’efficience énergétique fixé par le Green Deal, tous les acteurs du marché devront revoir leurs principaux postes de consommation (production de froid, systèmes électriques, etc.) ainsi que le design de leurs bâtiments. Ces investissements sont susceptibles d’impacter les dépenses en infrastructures cloud des entreprises. Les DSI peuvent, dès aujourd’hui, choisir un opérateur de data center efficient sur le plan énergétique.

Parce que l’optimisation énergétique ne suffit pas, les responsables informatiques devront également opter pour des acteurs ayant fait le choix d’énergies 100% décarbonées et renouvelables pour leur alimentation ou leur refroidissement électrique (hydraulique, éolien, solaire, etc.), et capables de s’appuyer sur  le monitoring pour mesurer en temps réel les paramètres influents sur les performances énergétiques et le bon fonctionnement des machines (taux d’humidité, température, rendement des équipements, etc.).

Sans oublier qu’un objectif annuel en matière d’efficacité quant à la consommation d’eau sera adopté d’ici 2022 et que des réglementations d’économie circulaire seront imposées (réparation, réutilisation ou recyclage) pour l’ensemble des équipements électroniques (serveurs, composants, etc.).

2030, c’est après-demain

Pour que les entreprises prennent leur part dans le Green Deal Européen et surtout soient prêtes pour l’échéance 2030 (dans huit ans seulement !), elles devront mesurer avec précision leurs émissions de CO2, ce que seules 9% d’entre elles font aujourd’hui selon une étude du cabinet de conseil Boston Consulting Group publiée il y a quelques semaines.

Pour que la transformation numérique de leur entreprise soit compatible avec les ambitions de l’Union Européenne en matière de neutralité carbone, les DSI devront se faire accompagner par des experts et faire le choix des acteurs du marché les plus ambitieux en matière de réduction de leur empreinte carbone. Ceux qui par exemple disposent d’une stratégie carbone et n’hésitent pas à innover pour agir sur les postes énergétiques les plus coûteux du data center, tel que le refroidissement par exemple – la solution River Cooling développée à Marseille en est une parfaite illustration.


[1] Source : revue scientifique indépendante “Science”).

[2] Source : Data Gravity Index, Interxion :A Digital Realty Company

[3] L’indicateur d’efficience énergétique appelé PUE (Power Usage Effectiveness) calcule le rapport entre l’énergie consommée par le data center et l’énergie consommée par les machines informatiques client. Un rapport le plus proche de 1/1 est recherché.

Etat des lieux du Code of Conduct – Par Bernard Lecanu

Le « code of conduct » européen a été créé en réponse à l’augmentation de la consommation d’énergie dans les datacenters et à la nécessité de réduire les impacts connexes sur la sécurité de l’approvisionnement en matière d’environnement, d’économie et d’énergie. Etat des lieux du Code of Conduct par Bernard Lecanu, CEO de BL International Consultant.

Patrick Marty et Valentin Busson, chercheurs chez Theia Energy, confrontés à la chaleur fatale

Patrick Marty, Directeur R&D, et Valentin Busson, Chercheur chez Theia Energy – Explorer pour optimiser l’exploitation de la chaleur fatale du datacenter, avec des projets cohérents, viables et régionaux.

Eric Arbaretaz présente le think tank Datacenter en Transition et ses travaux

Eric Arbaretaz, membre fondateur du think tank Datacenter en Transition, et Directeur technique de Nation Datacenter, nous présente le think tank et ses travaux sur l’efficacité et la transition énergétique des datacenters.

Exemplarité environnementale par Eiffage : Les calories du supercalculateur Jean Zay de l’IDRIS-CNRS chaufferont un quartier de Paris-Saclay

Le supercalculateur Jean Zay de l’IDRIS-CNRS exploite un refroidissement direct avec des températures élevées. De ce fait, avec des refroidisseurs et l’utilisation d’un appoint d’eau en été pour la fonction adiabatique, il arrive à s’affranchir des groupes froids, qui sont des équipements particulièrement énergivores. Et surtout, en accord avec la convention signée entre le CNRS et l’EPA Paris-Saclay, il est prévu de by-passer les refroidisseurs adiabatiques pour livrer la totalité de l’énergie du système de refroidissement par eau tiède de Jean Zay au réseau de chaleur et de froid du quartier du Moulon du Campus urbain de Paris-Saclay. Ainsi l’énergie fatale issue du supercalculateur servira à alimenter d’autres usages en chaleur.

Retour d’expérience d’exploitation de la chaleur fatale avec Rafael MEDEIROS, responsable adjoint systèmes/exploitation de l’IDRIS, chargé des infrastructures techniques du Centre, après 2 années de fonctionnement du supercalculateur et des installations techniques qui y sont associées.

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Qu’est-ce qu’un data center Eco-responsable ? Linda Lescuyer, Interxion France

Linda Lescuyer, Directrice énergie et carbone chez Interxion France: A Digital Realty Company, répond à la question « Qu’est-ce qu’un data center Eco-responsable ? »

Consommation des Datacenters : quel mix énergétique pour demain ?
Par GRDF

En France, les Datacenters sont très souvent raccordés au réseau électrique public. Toutefois, celui-ci a déjà atteint ses limites en termes de capacité et certaines régions ne pourront plus accueillir d’autres sites. Cette tension impose alors de réfléchir à l’approvisionnement de ces centres avec un mix énergétique dans lequel le gaz, énergie flexible et résiliente, aurait toute sa place. Explication.

Par José GUIGNARD, Adjoint Délégué Marché d’Affaires, Direction Clients et Territoires Ile de France, Délégation Marché d’Affaires, GRDF

De nombreuses régions souffrent de dépendance énergétique. L’Île-de-France importe par exemple 90 % de son électricité. Pourtant, le projet du Grand Paris va générer une hausse de la demande en électricité de 4 000 MW, dont 1 000 réservés aux nouveaux Datacenters. Selon les prévisions, ceux-ci, très gourmands en ressources énergétiques, seront la seconde source de consommation d’électricité après les emplois tertiaires. Autrement dit, il est nécessaire de repenser le Datacenter de demain, son approvisionnement et sa place dans les territoires.

Pourquoi les Datacenters doivent-ils évoluer ?

À ce problème d’approvisionnement s’ajoute le contexte de la transition énergétique et de l’utilisation économe des ressources. Plusieurs facteurs invitent dès lors à repenser le Datacenter de demain : augmentation de la consommation électrique et du coût de l’électricité d’une part, complexification croissante de la gestion du réseau électrique avec l’émergence de différentes énergies renouvelables d’autre part.

De plus, la dépendance électrique pose la question de la crédibilité de la résilience énergétique des Datacenters qui, pour pallier la problématique d’approvisionnement, doivent reconsidérer dès maintenant la qualité et la continuité de leur alimentation énergétique pour une meilleure performance et soulève la problématique de la valorisation de la chaleur fatale.

Si les Datacenters continuent par nécessité de fonctionnement de consommer énormément d’énergie, rien n’empêche, pour autant, de repenser le poids de ces sites sur le réseau électrique. Pour des Datacenters résilients et socialement acceptables, il faut réfléchir à un Datacenter autonome et décarboné.

Décentraliser la production pour renforcer la résilience des Datacenters

Aujourd’hui, nous constatons que le réseau de gaz et les productions décentralisées d’électricité à partir du gaz sont extrêmement résilients. De la capacité à l’appoint, au secours et à l’effacement d’usage électro-intensif, à la valorisation énergétique complète, la cogénération et la trigénération répondent au défi d’une énergie durable.

De plus, les réseaux électriques et les réseaux de gaz offrent une logique de complémentarité unique. Ensemble, ils permettent de renforcer et de conforter la résilience et la redondance énergétique des Datacenters pour assurer les besoins en électricité, en froid et en back-up. Ce mix énergétique, en plus de faire disparaître le diesel des sites, offre davantage de flexibilité et de souplesse suivant la compétitivité du prix des énergies électriques et gaz.

Enfin, travailler à l’autonomie des Datacenters grâce à des productions décentralisées d’énergie permettrait de les ancrer de façon positive dans les territoires. Un site de méthanisation, adapté à l’échelle d’un Datacenter, créerait l’énergie nécessaire au back-up en cas de rupture de l’approvisionnement tout en participant à une économie locale, durable et circulaire. Ainsi, davantage de nouveaux projets nécessaires à la souveraineté numérique pourraient voir le jour grâce aux disponibilités énergétiques territoriales.

Data centers et transition énergétique, un pari d’avenir ?
Par CBRE

Le gouvernement vient de présenter sa feuille de route pour limiter l’empreinte écologique du numérique qui représente 5 à 10% du bilan carbone de la France. Les objectifs gouvernementaux sont ambitieux pour réduire la consommation énergétique des Data Centers

En réponse aux propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat, le gouvernement souhaite associer le développement de ce secteur en plein boom tout en prenant en compte les enjeux environnementaux. Il sera question de soutenir les acteurs du numérique vertueux tout en imposant de fortes réductions de la consommation énergétique des data centers français, dans la continuité des objectifs fixés par le Décret Tertiaire et la Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte (LTECV) avec un objectif de – 40 % d’ici à 2030 et – 60 % en 2050.

Une opportunité stratégique pour ce secteur en pleine croissance 


Avec la crise de la Covid-19, l’essor significatif du télétravail et l’évolution de nos modes de consommation, le numérique prend de plus en plus de place dans nos vies et celles des entreprises qui se digitalisent à grande vitesse. 

Or, les data centers sont aujourd’hui à l’origine de 25 % des émissions de gaz à effet de serre liées aux activités numériques. L’enjeu est de taille ! « L’économie interconnectée et dématérialisée a un besoin croissant de data centers, mais notre planète a besoin de data centers propres. Et des solutions existent ! » souligne Pierre-Louis Dumont, Directeur Data Center Solutions.

La consommation énergétique en particulier est le premier poste de dépense des data centers notamment pour des problématiques de refroidissement via la climatisation (49%, devant la construction, la maintenance et la sureté). Déjà en 2015, la consommation électrique des 176 data centers français était de 3 TWh (térawatt-heure), équivalente à celle de la ville de Lyon, selon l’Union française de l’électricité. Il est donc indispensable pour ces acteurs de se diriger en particulier vers les énergies renouvelables. En incluant les enjeux environnementaux dans leur stratégie, les data centers, traditionnellement pointés du doigt pour leur impact carbone, peuvent au contraire se positionner comme acteurs du changement.

Un actif immobilier qui vise la neutralité carbone d’ici 2030

Les enjeux environnementaux du numérique sont colossaux… La filière s’est saisie du sujet et a lancé une initiative commune au niveau européen : Climate Neutral Data Centre, dont l’objectif est d’atteindre la neutralité carbone en 2030 basée sur cinq engagements : réduction des PUE (Power Usage Effectiveness), 100% de l’énergie utilisée décarbonée, économies d’eau, réparation et réutilisation des serveurs et de la chaleur dégagée. « La révolution écologique est en marche et conformément aux exigences de l’Union Européenne, les acteurs de data centers nous sollicitent pour identifier des solutions innovantes pour réduire leur empreinte carbone et placer la transition énergétique au cœur de leurs stratégies de développement. » précise Ludovic Chambe Directeur Développement Durable. 

Des actions concrètes en faveur du climat en 2022 exigeront de nouvelles façons de penser de la part des leaders du secteur
Par Vertiv

Les effets de la consommation électrique des datacenters sont au premier plan des préoccupations des décideurs depuis des années, et bien que la récente opposition publique ait suscité quelques inquiétudes, les opérateurs de datacenters sont plus prêts que jamais à déployer des stratégies pour répondre efficacement aux problématiques d’écoresponsabilité et de lutte contre le réchauffement climatique.

Après que la pandémie ait entraîné un changement de paradigme et bouleversé presque tous les aspects de la vie quotidienne, le secteur des datacenters a passé la majeure partie des deux dernières années à essayer de maintenir les systèmes IT et d’aider les entreprises à répondre à la demande sans précédent en matière de travail à distance, d’e-commerce et d’autres technologies essentielles. Étonnamment au cours de cette période, la pandémie a également mis en lumière d’autres problèmes de continuité des opérations, en particulier en ce qui concerne l’environnement et la crise climatique. À mesure que l’urgence de la situation s’intensifie, les experts de Vertiv prévoient que de nombreuses entreprises feront de la durabilité des datacenters une priorité absolue en 2022. Cependant, les leaders du secteur se verront obligés de fournir de nouvelles perspectives et idées s’ils souhaitent combler le fossé entre l’accélération des demandes numériques et l’atténuation de leur impact environnemental.

Nous avons déjà observé dans le secteur, en particulier chez les principaux hyperscalers et fournisseurs de cloud, des réponses à ces préoccupations sur la durabilité environnementale des datacenters, notamment à travers des initiatives ambitieuses de neutralité en eau et de zéro carbone. Google a annoncé son objectif visant à n’exploiter que des sources d’énergie sans carbone d’ici 2030, tandis que Microsoft s’est fixé l’objectif ambitieux de devenir neutre en carbone et positif en matière de consommation d’eau d’ici 2030. Vertiv prévoit que davantage d’entreprises utiliseront des solutions numériques qui font correspondre l’utilisation de l’énergie à une énergie 100% renouvelable, jusqu’à opérer uniquement grâce aux énergies durables. Les systèmes d’énergie distribués hybrides peuvent assurer une alimentation DC et AC, ce qui offre plus d’opportunités d’optimisation de l’efficacité et permettra en définitive aux datacenters de fonctionner sans carbone.

Ces initiatives en développement durable contribueront sans aucun doute à réduire l’empreinte carbone à long terme de ces entreprises, mais les opérateurs de datacenters et de télécommunications devront également faire face à certains des dangers climatiques qui font actuellement des ravages et dominent les actualités. Par exemple, les États-Unis ont connu l’été le plus chaud jamais enregistré et au cours des neuf premiers mois de 2021 seulement, 18 catastrophes climatiques et phénomènes météorologiques distincts représentant plus d’un milliard de dollars sont survenus. Selon un rapport de l’Uptime Institute de mars 2021, 3 personnes interrogées sur 5 pensent qu’il y aura davantage d’interruptions du service informatique comme conséquence directe de l’impact du changement climatique, et près de 90% pensent que le changement climatique augmentera le coût des infrastructures et des opérations des datacenters au cours des 10 prochaines années. Par conséquent, les événements météorologiques extrêmes liés au changement climatique influenceront probablement les décisions concernant les localisations et les manières de créer de nouveaux datacenters et réseaux de télécommunications dans les années à venir.

Obstacles actuels face aux objectifs de durabilité

Les entreprises ont encore de nombreux processus à mettre en œuvre en vue d’effectuer le suivi de leurs mesures de durabilité. Selon le rapport 11th annual Global Data Center Survey de l’Uptime Institute, seule la moitié des responsables de datacenters environ surveillent la consommation d’eau à tous les niveaux, et seul un tiers surveille l’impact des émissions de carbone ou des déchets électroniques.

Une chose est sûre : Il ne s’agit pas seulement d’efficacité énergétique. En 2021, la moyenne annualisée du PUE (power usage effectiveness), soit la principale mesure de rendement des datacenters, était de 1,57 par rapport à 1,59 en 2020, ce qui indique que les niveaux d’efficacité globale ont atteint un plateau. Cela se vérifie certainement dans les datacenters traditionnels. Le rapport de l’Uptime Institue indique la même conclusion, en déclarant que « Même si un nombre croissant de nouvelles constructions affichent un PUE de 1,3 ou plus, il n’est pas économiquement ou techniquement faisable pour de nombreux opérateurs d’effectuer les révisions majeures requises pour un rendement supérieur dans de nombreux sites plus anciens. D’autres améliorations nécessiteront des changements importants. »

L’enquête conclut également que les entreprises devront élargir la portée des mesures qu’elles suivent si elles souhaitent évaluer plus précisément leurs progrès en matière de durabilité. Il s’agit notamment de mesurer et de suivre l’utilisation des serveurs, de la consommation d’eau, des émissions de carbone de l’IT ou des datacenters, ainsi que des déchets électroniques ou du cycle de vie des équipements.

Les technologies à l’origine du changement en 2022

Si les entreprises souhaitent obtenir des résultats plus durables, plus résilients et plus fiables, les experts s’attendent à ce que les technologies suivantes prennent une place prépondérante : piles à combustible, ressources renouvelables et systèmes de stockage d’énergie de longues durées, notamment les systèmes de stockage d’énergie par batterie (BESS) et les batteries lithium-ion.

Une expansion majeure de l’infrastructure de recyclage du lithium-ion en Amérique du Nord va enfin être mise en œuvre, car plusieurs entreprises ont obtenu des financements privés et publics majeurs sur le marché. Cette avancée dans le secteur éliminera l’un des derniers obstacles restants à l’adoption généralisée des batteries lithium-ion. Une fois ces processus en place, l’aspiration pour ces entreprises de recyclage est de pouvoir contribuer aux objectifs de durabilité d’une entreprise en gardant les batteries lithium-ion à l’écart des décharges.

Les piles à combustible et les ressources d’énergie renouvelable ont le potentiel de libérer l’opérateur du datacenter des goulots d’étranglement et restrictions de capacité des réseaux publics. Dans la course à l’élimination des émissions de carbone, ces ressources peuvent être associées à un stockage d’énergie adéquat pour fournir une énergie à plus long terme, bon marché, propre et durable.

Cette course n’inclut pas seulement le carbone. Les entreprises qui tentent de réduire leur efficacité en matière d’utilisation de l’eau (WUE) peuvent s’appuyer sur des systèmes de refroidissement qui n’utilisent pas d’eau, en particulier dans les zones de sécheresse. De plus, les experts prévoient que les réfrigérants à potentiel de réchauffement global (PRG) élevé seront supprimés et remplacés par de nouveaux équipements utilisant des réfrigérants à faible PRG d’ici 2030.

L’un des derniers obstacles au fonctionnement d’un datacenter durable s’étendra en fait au-delà de la technologie en exigeant des opérateurs de datacenters, des fournisseurs d’infrastructure et des urbanistes qu’ils collaborent afin de mettre en œuvre un datacenter centralisé pour l’infrastructure d’une communauté. Les énergies renouvelables sur site et le stockage d’énergie pour le datacenter pourraient s’appuyer sur le réseau électrique local plus étendu aux fins de stabilisation et de fourniture d’une alimentation propre à la communauté locale. La chaleur résiduelle du datacenter, qui est principalement dispersée dans l’air, pourrait être utilisée pour alimenter les chaudières et chauffer les installations à proximité, réduisant ainsi leurs besoins énergétiques. Il est essentiel que plusieurs parties prenantes de divers secteurs se réunissent en agissant pour le bien commun et pour atteindre ce résultat.

Tous ces facteurs climatiques et de durabilité influenceront la conception et s’étendront également au-delà du datacenter à d’autres infrastructures numériques comme les réseaux de télécoms qui doivent être présents partout. Les décideurs du secteur des télécoms doivent tenir compte de la crise climatique lorsqu’ils conçoivent et mettent en œuvre leur infrastructure réseau. Les experts prévoient également que ces décideurs prendront en compte un certain nombre de facteurs liés au choix du site lors de la planification de nouvelles infrastructures, notamment la fiabilité et le caractère abordable du réseau, les températures locales, la disponibilité de l’eau, ainsi que l’énergie durable et renouvelable produite localement, les règlementations qui rationnent l’électricité des réseaux publics et limitent la quantité d’énergie offerte aux datacenters. Bien qu’aucune réponse évidente aux questions liées au changement climatique et au développement durable n’existe, Vertiv reste déterminé à mettre l’accent sur des technologies visant à assurer la durabilité des datacenters et infrastructures de télécommunication, ainsi qu’à collaborer étroitement avec les leaders du secteur et les clients pour aborder les problèmes de la crise climatique plus rigoureusement.

En savoir plus sur ces tendances et d’autres mesures figurant dans la liste des tendances annuelles de Vertiv.

La vérité sur la consommation énergétique des datacenters

Par Datacenter en Transition

Des rapports alarmants sont publiés régulièrement qui dénoncent la surconsommation énergétique des datacenters et leur empreinte carbone qui ne cesse d’augmenter. La plupart s’appuient sur un rapport publié par The Independent en 2016. Celui-ci affirmait que de « pratiquement rien il y a 10 ans », les datacenters allaient consommer en 2016 environ 3% de l’approvisionnement mondial en électricité et représenteraient environ 2% du total des gaz à effet de serre. Et de faire le parallèle avec l’empreinte carbone de l’industrie aérienne, également estimée à 2%. 

Prenant en compte l’explosion exponentielle du volume des données que nous produisons et stockons, ce même rapport a prédit que la quantité totale d’énergie consommée par les datacenters triplera au cours des 10 prochaines années… Une vision prospective qui représente une voie royale pour les opposants aux datacenters et à la transformation numérique.

Un erreur d’extrapolation

Le problème avec ce type d’étude, c’est qu’elle ne sont qu’un cliché rarement exact d’un marché sur lequel nous manquons d’informations, et surtout que les projections reposent sur une équation simpliste qui n’intègre ni l’évolution technologique ni la transformation des modèles de production. Les projections sont pour la plupart fausses, mais elles satisfont les défenseurs de l’environnement qui souvent sont de bonne foi mais sont mal informés.

Une étude plus récente, “Recalibrating global data center energy-use estimates”, pilotée par Eric Masanet, de la Northwestern University, et publiée dans Science le 28 février 2020, révèle qu’en 2018 :

  • Les datacenters ont consommé 205 térawatts-heures ;
  • Soit environ 1% de toute l’électricité consommée cette année-là dans le monde (le même chiffre qu’en 2010) ;
  • En 10 ans (2010/2020), les datacenters ont été 550% plus actifs ;
  • Mais leur consommation d’énergie n’a crû que de 6% ;
  • Et l’activité des datacenters à l’échelle mondiale devrait doubler d’ici 3 à 4 ans.

Du DC privé à l’hyperscale vertueux

Avec le cloud, la consommation des infrastructures informatiques évolue. Les serveurs, le stockage et les équipements réseaux ont à eux seuls consommé 130 térawatts-heures d’énergie en 2018, contre 92 TWh en 2010. Le calcul demeure donc le premier centre de consommation énergétique du datacenter. Par contre, la puissance de calcul pour chaque 1Wh utilisé ne cesse d’augmenter. 

Cela permet de pointer les datacenters vieillissants exploités par les entreprises traditionnelles, dont l’inefficacité énergétique est reconnue. Ils font face à l’optimisation en continu des datacenters hyperscales déployés par les géants du Web. En 2018, 89% des instances de calcul étaient hébergées dans des datacenters cloud, à la fois hyperscale et plus petites installations dédiées au cloud computing. Cette migration explique en partie pourquoi la consommation énergétique des datacenters n’augmente pas au rythme de la création de données. Car les équipements des acteurs de l’hébergement dans le Cloud profitent de l’évolution en continu des équipementiers et de leurs recherches dans la maîtrise de la consommation énergétique.

C’est toute une profession qui s’est engagée dans la croisade de l’efficience des datacenters et de la réduction de la facture carbone. Encore faut-il qu’elle avance en ordre serré et que toutes les organisations, même celles qui exploitent des datacenters anciens, en profitent.